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Résumé
A la nuit tombée, horloges, pendules et autres montres profitent de la fermeture du magasin pour se mettre à danser joyeusement au son de la musique...

Analyse
Dés son origine en 1929, la série Silly Symphonies s'est voulu le lieu où pourraient s'exprimer librement l'imagination et le talent des artistes Disney. Repousser les limites possibles de l'animation et expérimenter de nouvelles techniques constituaient, entre autres, le fil conducteur essentiel des Silly Symphonies.

Lancé en 1931, le projet de The Clock Store était initialement intitulé sous le nom de travail "In a Clock Store" ou "The Clock Store", les équipes des studios Disney qui travaillaient sur le film usant alternativement l'un et l'autre de ces titres pour le désigner.

L'histoire commence par une idée simple : un magasin d'horloges ferme ses portes à la nuit tombée et les objets, profitant de l'absence du propriétaire, commencent à s'animer et danser sur la musique comme dans un bal. L'une des scènes les plus réussies, et peut-être romantique, est sûrement celle où un garçon et une fille - des danseurs de salon apparaissant plus tard dans The China Shop - dansent ensemble.

Clin d'oeil au génie de Walt, une des montres de poche est gravée avec les initiales "WED", allusion fine et astucieuse à Walter Elias Disney. Une autre montre possède quant à elle la signature H.G, sûrement en référence à l'animateur qui a réalisé cette scène : Hardie Gramatky.


A la suite de Midnight in a Toy Shop (1930), où il était cette fois question de la vie nocturne de jouets dans un magasin, l'histoire de The Clock Store se passe ici cependant de l'araignée, se voulant plus rassurant et moins merveilleux. Les deux petits films ont cependant bel et bien un thème commun : la magie de l'animation d'objets, d'ordinaire inanimés.

The Clock Store repose sur une musique mélodieuse et charmante de Frank Churchill, qui a repris deux airs classiques : le menuet du 1er acte de Don Giovanni (1787) de Mozart et In a Clock Store (1893) de Charles Orth, une musique qui inspire justement le thème du court métrage.

Le 7 octobre suivant sa sortie générale dans les salles américaines, le court métrage est déposé au copyright sous le titre In a Clock Store. Bien que la presse utilisa un temps le titre The Clock Shop ou encore In the Clock Store, il s'agissait à chaque fois du seul et même court métrage Silly Symmphony : The Clock Store.

Véritable joyau de la série Silly Symphonies, de par son animation proche de la perfection et sa musique orchestrée synchrone avec la danse des objets anthropomorphes, ou encore la qualité des décors et l'attention portée aux effets d'ombres et de lumière, The Clock Store impressionne encore aujourd'hui.

Il démontre également à quel point les animateurs de Disney cherchaient à toujours améliorer leurs techniques d'animation, qu'il s'agisse des effets ou encore du design des personnages. Transformer de simples objets en personnages animés réalistes et très expressif, à l'image des horloges, était un vrai défi et il semble que les animateurs d'alors ont tout mis en oeuvre pour parvenir à ce but.

The Clock Store est sûrement l'une des dernière Silly Symphonies bâti sur un scénario peu développé, centré sur une danse traditionnelle réalisée par des horloges ou des montres. Il en reste néanmoins très abouti et pour le moins original. L'histoire fait par ailleurs penser, et inspira peut-être plus tard, à celle de The China Shop (1934), un court métrage où il est question, non plus d'horloges et de montres mais d'objets d'un magasin de porcelaine.

Les décors du magasin d'horloges et les différents objets de The Clock Store évoquent enfin l’atmosphère de l'atelier de Gepetto dans le long métrage d'animation Pinocchio.

Vidéos
The Clock Store (1931) sur Youtube

Détails
Date de sortie : 28 septembre 1931 (États Unis) par Columbia Pictures
Noir & Blanc

Autre(s) titre(s) :
In a Clock Store
The Clock Shop

Autre(s) date(s) :
11 septembre 1931 : prévisualisation à l'Alexandria de Glendale
7 octobre 1931 : dépôt de copyright sous le titre In a Clock Store
13 au 18 novembre 1931 : première à New York au Roxy Theater

Réalisation :
Wilfred Jackson

Animation :
Johnny Cannon
Cecil Surrey
Chuck Couch
Harry Reeves
Hardie Gramatky
Frenchy de Trémaudan
Albert Huerter
Ben Sharpsteen
Charles Byrne
Jack King
Rudy Zamora
Ed Benedict (assistant animateur)
Joe D'Igalo (assistant animateur)
Carlos Manriquez (background)
Emil Flohri (background)
Mique Nelson (background)
Charles Philippi (layout)

Musique :
Frank Churchill
Menuet du 1er acte de Don Giovanni (1787) de Mozart
In a Clock Store (1893) de Charles Orth


Résumé
Alors qu'ils se promènent sur le dos d'une tortue, Alice et Julius dérobent une délicieuse tarte aux pommes qui trônait sur le bord d'une fenêtre. Poursuivis par un agent de police qui finit par les arrêter, les deux amis prisonniers mettent alors au point un plan pour s'évader...

Analyse
Alice the Jail Bird se veut dés le début un petit film plein de rebondissements et de surprises ; une histoire qui aurait pu bien se finir, mais conduisant au final la fillette et son ami Julius directement en prison. Pris dans le feu de l'action, les deux héros se trouvent ici placés dans le rôle de hors-la-loi en cavale, après avoir volé une tarte aux pommes. Une situation littéralement à l'opposée des rôles qu'ils avaient dans les films comme Alice Chops the Suey où Alice et Julius étaient confrontés à des bandits de Chinatown.

Un des récents changements intervenu dans la série Alice comedies en 1925 était devenu l'effacement progressif du personnage live d'Alice, incarnée à l'écran par Margie Gay, au profit de plus de scènes animées. Alice the Jail Bird met un léger frein à cette évolution, la fillette revenant davantage sur le devant de la scène aux cotés de personnages animés de Cartoonland.

Le petit film met également à l'honneur de nouveaux personnages animés, tels qu'une tortue qui aide nos amis à voler la tarte, ou encore une autruche pour qu'ils s'échappent de prison. Ces deux personnages, bien qu'attachants, ne réapparaîtront cependant pas dans la série Alice par la suite.

Voir des personnages Disney, qui plus est des héros, accomplir des actes hors-la-loi ne semblait pas incongru à l'époque contrairement à aujourd'hui. Le scénario d'Alice the Jail Bird, avec Alice et Julius en pyjamas rayés, anticipe à ce titre celui de The Chain Gang (1930), un court métrage où Mickey se trouvera aussi, triste sort, prisonnier dans un pénitencier.

D'emblée, Alice the Jail Bird rompt avec une certaine monotonie, en particulier concernant le scénario et les gags, qui semblait s'être installée peu à peu dans la série Alice comedies. Le mélange de l'animation avec des scènes de prises de vues réelles permettait de réaliser des effets visuels assez détonants et imaginatifs, comme la scène où Julius tente d'échapper au policier en transformant avec agilité son ami tortue en différents objets.

Outre cette séquence où Julius joue à déformer les parties du corps de la tortue, Alice the Jail Bird met également en scène un chien policier, auparavant aperçu dans Alice the Toreador (1925).

En dépit d'une deuxième partie plus lente, où Alice et Julius tentent de s'échapper du pénitencier, mais soutenu par un rythme effréné, ponctué par une cavalcade de gags amusants et toujours ingénieux,Alice the Jail Bird se veut un court métrage d'Alice toujours divertissant à regarder.

Une bobine d'Alice the Jail Bird est actuellement conservée à Lobster Films.

Vidéos
Alice the Jail Bird (1925) sur Youtube

Détails
Date de sortie : 15 septembre 1925 (États Unis) par par M. J. Winkler Productions
Noir & Blanc (muet)

Autre(s) date(s) :
30 juillet 1925 : prises de vues réelles (production)
1er au 22 août 1925 : scènes d'animation (production)
29 août 1925 : fin de la production
1er septembre 1925 : prévisualisation au Paramount Theater
1er novembre 1930 : ressortie en version sonorisée par Syndicate Pictures

Autre(s) titre(s) :
"The Jail Break"
"Alice And The Jail Break"

Réalisation :
Walt Disney

Animation :
Rollin Hamilton
Thurston Harper
Ub Iwerks
Hugh Harman
Rudolph Ising

Encre et peinture :
Ruth Disney
Irene Hamilton
Hazelle Linston
Walker Harman

Image :
Rudolph Ising

Montage :
George Winkler

Acteurs "Live" :
Margie Gay (Alice)

Résumé
Pierre, un petit garçon russe habitant dans un village, part chasser le loup dans la forêt malgré le désaccord de son grand-père. Sur le chemin, il est rejoint par ses amis Sacha l'oiseau, Sonia la cane et Ivan le chat...

Analyse
A l'origine, Pierre et le Loup est un conte musical russe créé et composé en 1936 par Sergueï Prokofiev, destiné notamment à présenter les instruments de musique d'un orchestre aux enfants.

Le compositeur, grandement impressionné par Snow White and the Seven Dwarfs (1937), rencontra Walt Disney et Leigh Harline à Los Angeles et visita les studios Disney en février 1938, espérant que son oeuvre "Pierre et le Loup" soit adaptée en dessin animé par Disney pour Fantasia, alors en production.

A cette occasion, Prokoviev présenta au papa de Mickey une interprétation originale au piano de Peter and the Wolf, qui fit grande impression sur Walt. Sensible au geste, ce dernier devait se rendre bientôt à l'évidence : la musique était certes intéressante pour l'animation, mais il ne pourrait pas inclure une éventuelle adaptation animée dans une suite - plus qu'incertaine - de Fantasia.

Cependant, Walt accepta de revisiter cette histoire pour ses productions animées dans le futur et signa, en février 1941, un accord en ce sens avec le compositeur, lui permettant notamment d'utiliser la partition de Peter and the Wolf. Selon Michael Barrier, la production de Peter and the Wolf aurait été lancée peu après cette date, et le segment sans doute achevé avant l'entrée en guerre des Etats-Unis en décembre 1941.


Le scénario original et la musique de Prokoviev ont servi d'inspiration dans les grandes lignes pour l'adaptation réalisée par Clyde Geronimi, la touche de Disney en plus. Quelques modifications ont ainsi été apportées, les scénaristes des studios ayant ajouté des noms - à consonance russe - aux animaux accompagnant Pierre, tels qu'Ivan le chat, ou encore pour les chasseurs Misha, Yasha et Vladimir.

De même, Pierre et ses amis partent dans la forêt souhaitant plus que tout capturer le loup qui rôde près du village - ce qui n'est pas le cas dans la version de Prokoviev.

Disney ne pouvait laisser une histoire mal se terminer, quitte à modifier quelque peu l'oeuvre d'origine. La scène finale de Peter and the Wolf, à la différence de l'oeuvre de Prokoviev, réserve ainsi également un meilleur sort, moins funeste, pour Sonia la cane.

Les animateurs ont également apporté une attention particulière aux décors et aux scènes animées suggérant le folklore et la culture russe, notamment dans le titre de présentation en cyrillique du film.


L'adaptation de Pierre et le loup par Disney est un véritable chef d'oeuvre d'animation, tant dans les personnages de l'histoire narrée par le légendaire Sterling Holloway, que dans la musique magistrale issue de l'oeuvre de Prokoviev orchestrée par Kurt Graunke.

A l'image d'un Three Little Pigs (1933) en son temps extrêmement populaire, Peter and the Wolf accorde à chaque personnage un caractère différent mais - chose tout à fait nouvelle - à travers un instrument de musique de l'orchestre qui lui est associé.

Ivan le chat est ainsi identifiable au son de la clarinette, Pierre à celui d'un quatuor à corde, tandis que Sonia la cane apparaît avec l'instrument du hautbois comme fond musical. Mais plus surprenant : aucun d'eux ne parle, la description des actions étant laissée au narrateur Sterling Holloway.

Le personnage du loup inspirera plus tard celui de Lambert the Sheepish Lion (1952), cartoon spécial également crédité avec la voix du narrateur Sterling Holloway. Cependant, le loup terrifiant de Peter and the Wolf est bien différent de celui des Trois Petits Cochons.


Peter and the Wolf sera finalement projeté en salles en août 1946 en tant que séquence du film Make Mine Music (La Boîte à Musique) - une "fantaisie musicale en dix segments" -, avant de bénéficier d'une ressortie, seul, en septembre 1955.

Avec ses personnages intemporels et sa bande-son inoubliable, Peter and the Wolf  passe pour l'une des séquences les plus marquantes - et également des plus réussies - de Make Mine Music. Il inspirera plusieurs ressorties sous différents supports vidéo mais également nombre d'enregistrements sonores, telles que les histoires racontées.

Le cartoon démontre enfin à quel point les studios de Mickey, en particulier les scénaristes et les animateurs, savaient faire preuve de talent et d'imagination pour donner vie à un chef d'oeuvre musical. Cette version est également présente dans Disney's House of Mouse et plusieurs personnages de Peter and the Wolf apparaissent dans Who Framed Roger Rabbit ?

Détails
Date de sortie : 14 septembre 1955 (États Unis) par Buena Vista Pictures
Couleur (Technicolor)

Autre(s) date(s) :
20 avril 1946 : sortie en tant que séquence du film Make Mine Music (1946)

Réalisation :
Clyde Geronimi

Animation :
Ollie Johnston
Ward Kimball
Eric Larson
John Lounsbery
George Rowley
Frank Tashlin (storyboard artist)
Hugh Hennesy (layout)
Charles Philippi (layout)
Claude Coats (background)

Scénario :
Dick Huemer
Eric Gurney

Musique originale :
Edward H. Plumb
Kurt Graunke (orchestration)
d'après Pierre et le loup (1936) de Sergueï Prokofiev

Voix originales :
Sterling Holloway (narrateur)
Candy Candido (loup)